Bonjour à tous,
Hier mardi 21 octobre 2008,
Le Collectif « Nos Campagnes sans OGM » commémore le première anniversaire de l'assassinat du dirigeant du Mouvement des travailleurs ruraux Sans Terres au Brésil (MST) par la milice de la firme semencière Suisse Syngenta. Valmir Mota de Oliveira, 42 ans, père de trois enfants, a été assassiné de deux coups de feu.
20 militants du Collectif s'étaient donné rendez-vous devant Syngenta au Ponts de Cé pour cette commémoration. La grille de l'entrée était fermée, un agent de sécurité nous attendait.
Le directeur du site est finalement venu nous rencontrer à travers la grille de l'entreprise. Il a bien déclaré être au courant de cette “affaire”, mais nous a répondu qu'il n'avait pas à nous répondre : “Je ne suis pas au courant de ce qui se passe au Brésil !”…. Aussi nous a-t-il conseillé de contacter le service communication de Syngenta à Paris. Nous lui avons remis un courrier pour qu'il le diffuse au sein de son entreprise (supérieurs et salariés du site).
Notre collectif est choqué par ce refus de dialogue. Les responsables de Syngenta se cachent derrière un service de communication pour ne pas avoir à assumer directement la politique de leur entreprise. Cette attitude est irrésponsable au vu de la gravité des faits :
Chronique d'un assassinat:
Ce crime s'est déroulé lors d'une occupation par 150 militants du MST et de Via Campesina d’un site appartenant à Syngenta à Santa Tereza do Oeste, pour dénoncer la culture illégale de semences transgéniques de soja et de maïs.
Quelques heures plus tard dans la journée, une quarantaine de personnes d'une milice privée arrivaient sur les lieux. Cette milice a assassiné de deux balles dans la poitrine Valmir Mota de Oliveira, et a blessé gravement cinq autres personnes. La proposition de Via Campesina, dès le début de l'occupation, a été de transformer le champ contaminé de Syngenta en un centre de recherche et de production de semences agro-écologiques, avec des variétés paysannes, accessible à tous et sans brevets.
En fonction de cela, en novembre 2006, le gouverneur de l'État du Paraná, Roberto Requiao, prit un décret pour dégager la zone du champ de Syngenta et établir un Centre de Référence en Agro-écologie. Syngenta se retrancha derrière le justice de l'État -dominée par les grands propriétaires - et obtint plus tard une suspension provisoire du décret et le droit de réintégrer la zone.
Certains indices nous prouvent que Syngenta avait bien engagé des services de sécurité qui agissent illégalement dans cette région, organisés par la Sociedade Rural da Região Oueste (SRO) et le Movimento dos Produtores Rurais (MPR). Au début de ce mois, un des directeurs de cette entreprise de sécurité, nommée « NF », a été arrêté, et le propriétaire s’est enfuit pendant une opération de la police fédérale, qui a trouvé à leur siège des munitions et des armes illégales.
D'autre part nous avons appris en juin 2008 par l'association Greenpeace que Syngenta avait eu l'autorisation par l’Institut National Américain de la Santé, via l’Université américaine de Tufts visant à étudier l’impact d’un riz OGM (« riz doré ») de leur entreprise sur 24 enfants Chinois !!! Fin juillet, Greenpeace a reçu la confirmation que ce riz génétiquement modifié n’avait pas été importé et que les tests avaient été annulés. Au même moment, l’information concernant l’essai avait disparu du site web de la NIH.
Il est intolérable de prendre des être humains et encore moins des enfants comme cobayes pour de la « recherche », et pour augmenter les profits des firmes semencières.
Si cette multinationale le fait, la question est : que font les autres telle Monsanto ?

Nicolas Cocuaud
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